La poupée sanglante suivi de La machine à assassiner de Gaston Leroux – Avis lecture

Bénédict Masson, relieur d’art sur l’île Saint-Louis, est un homme de 35 ans, au physique laid, que toutes les femmes fuient. Malgré tout, il s’éprend de la belle Christine et il va passer ses nuits à l’épier, ainsi que sa famille, pour découvrir leur secret, sans se douter qu’il sera entraîné dans une histoire «sanglante»…

Extrait : Gabriel est mort ! Gabriel est mort ! Le vieux en a fait de la charpie ! Moi, je ne considère plus que cela qui est capital. Le reste s’expliquera après, si c’est absolument nécessaire, mais pour moi, il n’y a de nécessaire que la mort de Gabriel. Il n’est plus entre moi et Christine ! En serai-je beaucoup plus avancé ? Peu importe ! Mon cœur est rafraîchi de tout le sang que le vieux a répandu ! Elle ne posera plus sa tête sur l’épaule de ce jeune homme, beau comme un demi-dieu, et je ne les verrai plus s’embrasser. Que vont-ils faire du cadavre ? J’ai attendu toute la nuit, mais la porte de l’atelier ne s’est pas rouverte. Alors, n’en pouvant plus de fatigue et d’émotion, je suis redescendu chez moi, je me suis jeté sur mon lit et je me suis endormi dans une allégresse immense. Au réveil, j’avais l’âme encore en fête : Gabriel est mort ! Oh ! ce cri de triomphe au seuil de la vie retrouvée !

Mon avis :

Gaston Leroux mélange avec art les mythes de Dracula et de Frankenstein. Publié en 1924, le roman aborde aussi le thème des tueurs en série. L’arrestation de Landru quelques années plus tôt a horrifié la France. Comment ne pas attirer des milliers de lecteurs en proposant des univers qui captivent et rebutent à la fois ?

Quelques pointes humoristiques s’ajoutent aux dialogues qui ne manquent jamais de piquant.

Je remarque aussi que si Antidote avait existé à cette époque, l’auteur l’aurait viré de son oeuvre. Le livre regorge de répétitions « voulues » et c’est là qu’un auteur ou un lecteur doit se remettre en questions et se dire que : non, il ne faut pas chasser toutes les répétitions, parfois, elles prennent toutes leur importance pour mettre une phrase en valeur.

Bénédict Masson, homme laid qui manie les mots avec tant de beauté est l’un des personnages les plus charismatiques et les plus attachants du roman. Quelle idée de génie de glisser cette belle âme dans un automate au visage et au corps parfait. Notre Gabriel/Bénédict mènera l’enquête pour prouver son innocence. Il faut avouer qu’il n’a plus rien à y perdre, même plus sa tête puisqu’elle tombée sous l’échafaud quelques semaines plus tôt.

Deux romans qui ne peuvent laisser le lecteur indifférent et qui confirment le talent indiscutable de Gaston Leroux.

La Poupée Sanglante à lire gratuitement sur Kindle, ici

La Machine à assassiner à lire gratuitement sur Kindle, ici

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La Poupée Sanglante

La Poupée sanglante est une mini-série française en six épisodes de 52 minutes, créée par Robert Scipion d’après le roman éponyme de Gaston Leroux et sa suite La Machine à assassiner, réalisée par Marcel Cravenne et diffusée à partir du 17 septembre 1976 sur Antenne 2.

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