Chronique Les Damoiselles de Castel Dark par Les Livres de Flo

C’est l’avant-dernier mois pour les lectures du PAI. Je reviens pour une chronique de la catégorie romance, et on peut dire que cette catégorie m’aura profondément déçue. Autant en imaginaire je fais des lectures majoritairement bonnes, voir très bonnes, autant en romance c’est véritablement dur pour moi de terminer mes lectures.

Ce premier tome d’une saga de romance historique ne fait pas exception. Et pourtant j’étais très enthousiaste avant ma lecture. Même avant d’intégrer le PAI cette saga m’attirait, et j’étais donc très contente quand elle a été sélectionnée. Mais ça a été ma plus grosse déception du coup. 

On commence l’histoire avec une famille de nobles, une famille nombreuse. Des parents, un grand-père et plein d’enfants de tous âges. Je pensais qu’on allait tous les développer un par un, au moins un minimum, mais en fait un bon nombre de ces personnages quittent le roman avant qu’on apprenne plus que leur nom. Les trois personnages à quitter l’histoire étaient à mon sens les plus prometteurs. J’avais un bon feeling avec eux, et je pressentais que j’allais les aimer. Mais en fait leur fin arrive tellement vite, que j’ai été déçue. Parce qu’ils sont peu développés alors que c’étaient les plus intéressants, et que du coup leur fin ne m’a fait ni chaud ni froid, parce que je n’ai pas eu le temps de m’attacher à eux. Pas d’émotion, rien.

On suit principalement l’histoire de l’une des filles, et d’un chevalier. Lui je l’aime bien. Mais malheureusement même s’il est costaud et coriace, il ne l’est pas assez pour porter le roman à lui tout seul. Ce chevalier est super chouette. Il a un passé intéressant, ce qui lui donne une vraie personnalité, du caractère et une bonne répartie. Il est séducteur, a une langue aiguisée et un bon sens de l’humour. A côté de ça il y a la jeune noble, qui est un personnage très plat. Alors à côté de ce chevalier gigantesque elle paraît encore plus insignifiante. L’autrice veut nous la présenter comme une jeune femme naïve et douce, profondément bonne et rêveuse… mais en fait elle est agaçante au possible et complètement cyclothymique. Je l’aime bien. Non je le déteste ! Oui mais je le désire. Non je le déteste. Non finalement je l’aime. Oh pis non je le redéteste. Ouais mais il est sexy. Allez ça va je l’aime. Ah non je le déteste. Mais c’est possible de se décider une bonne fois pour toutes ? Je veux bien que les sentiments évoluent, ou qu’elle ne veuille pas se les avouer, mais pas pendant TOUT le roman. La barbe ! Comment ce chevalier arrive-t-il à la supporter ? Avec le succès qu’il a il aurait plus vite fait d’aller en trouver une autre moins nunuche et plus mature.

Pendant un instant dans le livre j’ai eu un espoir avec la plus jeune sœur de la famille. Une fille au caractère bien trempé, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui gère ses affaires d’une main de maître. Un personnage intéressant, qui va sûrement être développé dans les autres tomes. Dommage je ne les lirai jamais. Malheureusement elle a droit à son lot de clichés elle aussi à la fin du livre. Et surtout ce personnage fait partie de la grosse contradiction du livre. C’est une fille qui est présentée comme indépendante, avec une soif de liberté folle qu’elle s’efforce de se donner, qui joue avec sa sexualité et les hommes… L’autrice nous offre ici une vision plus ou moins moderne de la femme, de ses combats et des libertés, un bon point. Oui mais…

Oui mais dans tout le reste du roman elle nous donne le message inverse. Je sais que c’est une romance historique, et qu’à l’époque les femmes n’étaient clairement pas aussi libres et libérées qu’aujourd’hui. On peut lire de très bonnes romances historiques qui passent complètement sous silence ce fait, et se concentrent sur d’autres éléments, et font passer d’autres messages. Là on nous montre surtout des femmes bien soumises, tout le temps, et je ne comprends pas ce que ça vient faire là. Ça m’agace profondément aujourd’hui de lire des choses comme ça, même sous l’excuse du roman historique. Il y a des scènes qui en deviennent ridicules ! “Mon fils est un *insérer l’insulte de votre choix*, je le sais, je devrais faire quelque chose. Oh pis non c’est mon fils. Il a tué une femme ? C’est mal… Ouais mais c’est mon fils. Il part massacrer des gens ? Je suis contre, je devrais intervenir ! Oh non je vais aller faire la sieste plutôt”. A ce niveau-là il fallait carrément faire de ce personnage une garce sans cœur qui ne se soucie pas des autres et on parlait plus. Là ça devient n’importe quoi à force. Il y a aussi des passages que j’ai trouvé atroces et qui n’ont rien à faire là. Je suis désolée mais même après plusieurs jours ce livre m’énerve, et je dois sortir ce que j’ai à dire.

Est-ce qu’il est possible de créer des situations dramatiques qui mettent en scène autre chose que du viol ? C’est la seul épreuve, la seule souffrance, le seul drame que vous connaissez ? Vous ne savez pas créer de passé tristes ou douloureux sans ça ? Le viol ne devrait intervenir dans une oeuvre uniquement lorsqu’il sert vraiment une cause, ou délivre un vrai message. Ce n’est absolument pas le cas ici. Les scènes de viol, décrites en détails sur plusieurs paragraphes et plusieurs fois dans le roman en plus, ne servent qu’à montrer qu’un personnage masculin est… une mauvaise personne dirons-nous. Bien. Vous savez comment je l’aurais montré moi ? En décrivant sa femme le lendemain de la nuit de noce avec des hématomes et des blessures partout, et une attitude apeurée et soumise. Voilà, là le message est le même mais les lecteurs ne sont pas mis mal à l’aise ou blessés. Si vous voulez écrire un viol, ne le décrivez pas dans les détails. Désolée mais ce genre de scènes dans un thriller je peux l’admettre (et encore !), pas dans une romance. Quand je lis une romance c’est parce que je veux ressentir des émotions bien précises. Généralement c’est parce que j’ai envie de légèreté, de bons sentiments, de bonheur et de bonne humeur. Je veux du positif. Il est tout à fait possible d’écrire une belle romance tout en parlant de sujets sensibles et importants, la lecture du mois d’avant  Cuba Libre en est le parfait exemple !

Une scène détaillée de viol n’y a selon moi pas sa place. Mettez-vous à la place des lecteurs et lectrices qui vont lire ces scènes. Vous vous êtes déjà demandé ce que pourrait ressentir une vraie victime en lisant ces passages ? Ce qu’elle va revivre, dans quel état elle va se mettre ? Et tout ça pour quoi ? Pour montrer qu’un personnage est détestable ? Mais enfin il existe d’autres manières de le montrer ! Flûte à la fin. Je déteste ça, ça me révolte, et il faut que ça s’arrête. Je sais que j’ai un avis bien tranché, et que bon nombre de personnes sont en désaccord avec ça, vu le nombres de critiques élogieuses qu’à eu ce livre, mais pour moi ces scènes sont déplacées.

EN BREF : Je n’ai pas apprécié ce livre, je vois bien en lisant les autres avis que je suis la seule. Mais tant pis. Les personnages sont plats, peu développés, et pour la plupart agaçants lorsqu’ils le sont. L’intrigue en elle-même n’est pas folle, je n’ai pas suivi les histoires des personnages avec un réel intérêt, et la plume de l’autrice ne m’a pas convaincue. Ce n’est pas mal écrit, mais ce n’est pas non plus efficace au point de me donner envie d’y retourner.

3 commentaires sur “Chronique Les Damoiselles de Castel Dark par Les Livres de Flo

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  1. Si je comprends sa déception, je trouve qu’elle oublie quand même l’époque et le contexte.

    Quand on lit une romance historique bien documentée avec un fond réaliste, hélas, les viols étaient légions, ainsi que les drames, les morts et la soumission féminine (la femme était alors le bien de son père puis de son époux ou de Dieu si elle entrait au couvent)… bref… Aujourd’hui, on lit de la romance historique simplement pour le décor et les costumes. L’héroïne doit avoir plus de 25 ans, voire 30 ans, être indépendante et l’égal du héros si ce n’est au dessus de lui. Eh bien sûr, elle n’a pas le droit d’être simplement comme elle a été élevé à l’époque…

    Moi, ça m’agace profondément. Ce que j’aime dans les RH, c’est justement le contexte d’une époque violente, dure pour la condition féminine et qui montre ainsi le chemin parcouru depuis les derniers siècles… les combats menés…
    Si on lit une RH qui se passe au MA et ou l’héroïne a plus de 25 ans, est libre vit sa vie et où les hommes demandent leur avis… Ce ne sera pas très réaliste…

    Et on veut faire ça à tout ! Oublier le passé… Bref, je vais arrêté là, je sens que je ne vais pas me faire des ami.e.s et j’ai assez de problème dans ma vie comme ça.

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  2. Merci pour ton commentaire. Les messages haineux commençaient déjà sur ma page auteur avec souhait que je connaisse à mon tour un viol. J’ai dû désactiver mes comptes. Je vais attendre que la « pression » retombe, car comme toi, j’ai assez de problèmes dans ma vie pour me prendre la tête pour une fiction. Je garder mon énergie pour ma famille, mes amis, des personnages vivants et non des héros de romance.

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    1. Bon sang !
      Sérieusement ? Mais… C’est quoi cette époque où on ne peut plus rien écrire… Je suis choquée et révoltée. Personne ne mérite de se faire harceler ! C’est inadmissible ! On a le droit de ne pas apprécier un texte, de ne pas être d’accord avec, mais on a surtout l’obligation de respecter les autres… Mon dieu… Je suis sous le choc là…

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