Les Obsessions de Romane Rose

Présentation, extraits et avis lecteurs du roman de Romane Rose : Obsessions

Romance contemporaine un rien érotique

Auto-édition – Publié le 1 mars 2018

Disponible en e-book sur Amazon et en abonnement Kindle

La curiosité est un vilain défaut !

Elle ?
Agoraphobe, bourrée de TOC, elle parle à son chat. 
Lui ? 
Obsédé par les femmes et incapable de résister à des arguments alléchants. 
Leur histoire ? 
Ils n’ont rien en commun si ce n’est la disparition d’un chat, une étoile du berger et… un télescope !

Découvrez leur aventure hors-normes où le rire ne vous fera pas défaut.

Pour découvrir ma chronique, c’est ici

Obsessions – Extrait 5

Chapitre 3

Treize minutes… l’éternité !

— Quarante-quatre. Quarante-cinq !

Je lève les bras en l’air en signe de victoire. D’un coup d’œil à ma montre, je vérifie mon rythme cardiaque.

Convenable après le parcours de quatre côtes à 3 % et d’une distance de huit kilomètre deux cents.

Selon mes estimations, dans un mois, je passerai la barre des 9 km si je maintiens mon programme d’entrainement.

« Joli ! »me félicite Barnaby, un sourire à la moustache.

— Je trouve aussi, dis-je, essoufflée par la dernière montée particulièrement pentue.

110, marque ma montre après trente secondes de marche lente.

La sueur de l’effort coule le long de mon dos, mes muscles gémissent de douleur, mais mon esprit baigne dans une sauce de douceur appréciable.

Je préfère cette sauce-là à la sauce panique ou celle teintée de défaitisme.

« Tu pourras bientôt t’inscrire au semi-marathon »,me glisse-t-il avec un ton d’indifférence feinte où je perçois sa détermination.

— Pas pour tout de suite. Je dois m’entrainer. Un semi-marathon représente une belle distance. Je dois m’y préparer convenablement.

« 21 kilomètres. »

Froidement, il énonce la longueur de l’épreuve pour laquelle je m’entraine. Il m’en rebat les oreilles tous les jours pour que je n’oublie pas ma promesse.

— Je n’en suis qu’à huit. Laisse-moi le temps d’être au point.

Je ronchonne, agacée qu’il se montre aussi directif. On voit bien que ce n’est pas lui qui court.

« Tu as promis ! »

— Je sais. Et je tiendrais ma parole. Mais toi aussi, tu as juré de ne pas me bousculer. Il me faut du temps. D’accord ?

« D’accord. Mais, interdis de te dégonfler. »

— Je ne flancherai pas.

62, indique ma montre connectée. 478 kcal d’énergie dépensée. 0,8 l d’eau perdue. 13 500 foulées.

Je souris, satisfaite par ma progression lente, mais régulière.

« À la douche », m’ordonne-t-il pour m’avertir que les minutes s’égrènent.

— Tu as raison.

Je file vers la salle de bain d’une marche de récupération, heureuse de ma performance du jour. Demain, séance de fond. Terrain plat, aucun effort à fournir, simplement maintenir mon cardiaque à 120. Je dépasse la barre des 125, mais je ne désespère pas d’atteindre une vitesse de croisière acceptable et nécessaire pour tenir la distance.

L’eau de la douche à 38,5° détend mon corps sollicité par mon entrainement. Ma silhouette se transforme peu à peu depuis que j’ai repris la course à pied. J’apprécie de sentir la fermeté et la tonicité de mes muscles sous ma peau, la souplesse de mes articulations. Je tâte ma taille où perdurent les relents de mes kilos en trop. Je jauge les deux ou trois centimètres disgracieux sans comparaison avec l’excès de graisse que je combats depuis un an. Sans Sonia et Barnaby, je ressemblerais à ces femmes obèses incapables de franchir une porte à cause de leur envergure. L’obésité a été un refuge avant que je ne perçoive la dangerosité de la pente sur laquelle je glissais.

« Tu es belle »,m’encourage Barnaby assis sur le bac de linge sale.

— Tu trouves ? Je ne suis pas trop grosse ?

Je palpe mes hanches où la rondeur persiste, soupèse mes seins redevenus de la taille de belles oranges après avoir été des melons lourds et fripés.

« Oui. Tu pourrais lui plaire »,se moque-t-il de mon évaluation sévère face à mon propre corps.

Je le regarde, perturbée par son sourire en coin, par le pétillement de ses yeux d’or. Il glousse de sa plaisanterie. Je fais celle qui ne comprend pas, hausse un sourcil d’interrogation.

— Qui ?

« Qui ? »

Il éclate de rire, fronce du nez comiquement comme lui seul peut le faire.

« Lui. Le « voisin d’en-face ». »

Je me détourne pour qu’il ne détecte pas ma rougeur. Cela me perturbe qu’il aborde un sujet aussi intime. Mon cœur bat involontairement, remonte à 110 sans que je puisse le calmer par quelques respirations profondes.

— Tu sais bien qu’il préfère les blondes.

« Et les rousses. Il adore les rouquines. »

— Et moi, je suis brune. Beaucoup trop petite pour ses critères de sélection puisque les menottes sont perchées à deux mètres. Il les choisit toujours mesurant au minimum un mètre soixante-deux. La dernière fois qu’il a ramené une femme de moins d’un mètre soixante, il a été en deçà de ses performances habituelles. Il a même renoncé à sa position fétiche. C’est dire.

Je m’enveloppe dans le peignoir moelleux sans tenir compte du gloussement lubrique de mon voisin.

— Pousse-toi. Je dois faire une machine.

Je le chasse du bac à linge, le regarde sévèrement pour faire taire la remarque que je vois poindre dans ses yeux.

Il hausse les épaules, accroche ce sourire moqueur au coin de ses babines, descend et disparaît vers le salon. Son sifflotement m’exaspère. Il devine toujours ce que je pense ou ressens.

Je récupère les vêtements de la veille, les enfourne dans le tambour avec une dosette de lessive. Je nettoie la douche avec soin avant de refermer la machine où les serviettes de bain ont rejoint le linge du jour.

Pieds nus, je traverse le couloir, entre dans ma chambre. Je grogne, irritée par les quatre minutes trente de retard pris à cause d’une discussion vaine. Jamais je ne pourrai les rattraper. Je déteste courir après le temps. C’est épuisant.

Je m’habille avec minutie et vérifie que tout est en ordre dans la pièce que je quitte après avoir fait le lit, ranger les petites choses qui trainent.

Barnaby s’est installé devant la fenêtre. Il observe les alentours avec une application que je lui envie. Rien ne peut le sortir de son inspection lorsqu’il est en mode « Dalaï–Lama ».

— Des nouvelles du monde ? dis-je pour le faire râler et le déconcentrer de sa contemplation du dehors.

Il grogne, me jette un regard dédaigneux et reprend sa surveillance.

« Les choses de la vie s’admirent avec délicatesse. Alors seulement, elles dévoilent leur secret », énonce-t-il de son ton de bonze immobile.

Je glousse, toujours ravie par ces petites phrases qu’il me sert le matin.

L’après-midi, il commente ce qui se passe dans la rue, comme le ferait madame Leroux, l’ancienne épicière au bout de l’avenue. Un Carrefour City a remplacé son échoppe où se côtoyaient des choses improbables d’un autre temps. Quant à ses avis sur les habitants de ce coin de Paris, ils constituaient une encyclopédie de ragots. Depuis son départ, le quartier n’a plus la même odeur ni la même saveur.

Plus personne ne regarde personne. Plus personne ne cherche à découvrir vos petits secrets.

Sauf Barnaby.

« Ennemi à 9 h. »

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