Sophie Eloy ou Ma Plume correctrice

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Correcteur, le dernier relecteur d’un roman, si souvent dans l’ombre de l’auteur. Pour mettre le métier en lumière, laissons place à Sophie qui va nous expliquer toutes les particularités de son métier.

Sophie, bonjour.

Pour commencer, j’aimerais savoir s’il existe des études spécialisées pour le métier de correctrice. Et puisque nous parlons de toi, quel est ton cheminement scolaire ?

Oui, il y a des études spécialisées, mais celles-ci sont très dispendieuses et souvent c’est à Paris ou Lyon. Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été la meilleure de la classe, en cours de français pur (orthographe, grammaire, conjugaison). Personnellement, je viens d’une filière littéraire : baccalauréat littéraire et 2 ans de licence d’Anglais/Histoire. Aimant être encadrée, le modèle universitaire ne m’a pas convenu, donc j’ai passé divers concours dans le médico-social. J’ai été aide-soignante pendant 4 ans, mais j’ai dû arrêter, car j’ai eu des soucis de santé. Mon goût pour l’écriture et la lecture était toujours là, donc après plusieurs postes dans l’administration où j’étais souvent celle à qui l’on confiait la correction des rapports… la correction est arrivée comme une évidence. J’ai commencé en tant que bénévole, mais j’avais de plus en plus de demandes, alors j’ai sauté le pas en créant mon entreprise en novembre 2017. Pour rien au monde, je ne changerai. J’ai l’impression d’avoir enfin trouvé ma voie dans laquelle je m’épanouis totalement.  C’est tellement enrichissant !

Si je peux, je passerai le certificat Voltaire, j’ai déjà le pavé pour m’entraîner, mais je manque cruellement de temps. C’est l’un de mes prochains objectifs !

Es-tu correctrice à ton compte ou pour une maison d’édition en particulier ?

Je suis à mon propre compte, j’ai mon numéro SIRET, je paie des charges sociales… En somme, une véritable petite entreprise ! Je travaillais jusqu’il y a quelque temps que pour des maisons d’édition, mais depuis 3 mois, des auteurs indépendants me confient leurs manuscrits afin que je les corrige.

Travailles-tu différemment pour un auteur édité ou pour une maison d’édition ? En clair, te prêtes-tu facilement aux exigences des ME ou imposes-tu ta manière de travailler ?

Honnêtement, j’ai ma méthode de travail concernant la correction en elle-même, mais je travaille de la même façon, si je peux dire, car nous utilisons (les auteurs, les ME et moi) le suivi de modifications et/ou les commentaires sur Word. Néanmoins, pour certaines ME, je n’entre jamais en contact avec l’auteur, tout passe par l’équipe de direction et l’équipe éditoriale. Je ne dirais pas que j’impose ma manière de travailler, car je sais m’adapter à toute demande. Je suis loin d’être chiante par rapport à ça, mais je suis perfectionniste.

Quelle est ta méthode de travail préférée pour aborder la correction d’un roman ?

Je fais déjà une première lecture pour traquer le maximum de fautes afin qu’il soit plus propre, pour ensuite refaire une autre lecture plus claire pour mes yeux. Je fais aussi attention à la cohérence du texte, car des fois, il y a des petites incohérences (des personnages dont les yeux changent de couleur, ou de prénom encore…). Je fais au moins 2 lectures, une 3ème si c’est vraiment nécessaire. Mais entre chaque étape, je le renvoie à l’auteur afin qu’il approuve mes modifications et corrige les incohérences s’il y a.

As-tu déjà éprouvé des difficultés de communication avec un auteur ou la relation se passe-t-elle toujours dans une totale confiance ?

Avec un auteur, jamais. Tout s’est toujours très bien passé. J’ai une relation spéciale et unique avec chacun des auteurs, et la confiance est toujours là et dans les deux sens.

Si tu n’aimes pas l’histoire du roman. Te plonges-tu dans la correction avec le même enthousiasme ?

Alors là, tu me poses une colle. Corriger un livre est toujours délicat, surtout quand le livre est un coup de cœur. Quand je corrige, je mets toujours une certaine distance, justement pour voir et trouver toutes les fautes. Quand je lis par plaisir, je peux trouver des fautes, mais comme je lis rapidement, parfois, je peux en louper, car mon cerveau va plus vite que mes yeux.

C’est pour cela que je lis le manuscrit plusieurs fois pour être sûre que rien ne m’échappe. Je ne lis pas de la même façon quand je corrige ou quand je lis pour moi. Je fais la part des choses, sinon je ne pourrais pas faire du travail de qualité.

J’ai déjà refusé des livres que je n’arrivais pas à corriger, c’était au-dessus de mes forces. Soit ça m’impactait trop personnellement, soit je ne cautionnais pas le contenu (pédophilie ou zoophilie).

Pour toi, une correctrice doit-elle corriger un texte truffé de fautes ou donnerais-tu comme conseil à l’auteur de passer son texte sous un logiciel comme Antitode avant de l’envoyer en correction ? Personnellement, je fais des bêta-lecture et je pense que plus le texte est émaillé de fautes, moins on repère les erreurs, les coquilles.

Il y a des auteurs qui ne sont pas du tout à l’aise avec le français et toutes ses règles. Antidote est bien, mais attention il a ses limites quand même (il propose des corrections qui ne sont pas bonnes ou alors il en loupe des belles). Rien ne vaut l’œil humain du correcteur.

Si une faute de style est récurrente dans le texte d’un auteur, te contentes-tu de la corriger inlassablement ou le contactes-tu pour lui expliquer la règle de base afin qu’il ne commette plus l’erreur ?

Je vais la corriger, mais j’expliquerai la règle à l’auteur pour éviter qu’il commette encore l’erreur. Quand l’erreur est trop récurrente, je mets un commentaire pour justifier ou expliquer la règle.

Tu as une famille, une vie privée. N’est-il pas toujours difficile de les concilier avec le boulot ? As-tu une pièce réservée pour ton travail ou lorsque tu travailles, tu réussis à t’isoler dans ta bulle et à ne plus entendre ce qui se passe autour de toi ?

J’avoue que des fois, c’est difficile à gérer, surtout avec ma fille de 6 ans et demi qui me sollicite souvent pour jouer avec elle (notamment quand elle est en vacances ou quand elle est malade). Depuis quelques mois, j’ai investi la chambre d’amis où j’ai installé mon bureau, l’ai décoré à mon goût pour m’y sentir bien. Avant, je travaillais sur un PC portable dans ma salle à manger, pas forcément l’idéal ! Dans mon bureau, je peux m’isoler quand je veux.

Tu fais partie sur FB de notre groupe d’auteurs « Romancez-moi ». Chaque semaine, tu partages avec nos membres une règle d’orthographe. Ne penses-tu pas qu’à force de donner « des petits trucs » aux auteurs, ils tenteront de se passer de l’aide d’une correctrice ?

Non, du tout. Ce n’est pas pour me vanter, mais on aura toujours besoin de correcteurs. Le niveau d’orthographe a baissé ces dernières années, c’est un constat que je peux voir à travers toutes les corrections que j’ai faites. On a tous des lacunes.

Aimerais-tu passer de l’autre côté de la barrière ? Devenir auteur ?

Oui, c’est aussi l’un de mes rêves. J’ai déjà une romance en cours d’écriture depuis… 3 ans, mais le temps me fait défaut, alors je le reprends quand j’en ai. Néanmoins, je suis sur un projet de recueil de nouvelles en collaboration avec d’autres auteurs, mais je n’en dis pas plus pour le moment. Ce sera, pour moi, un bon tremplin.

Trouves-tu que l’auteur doit citer le nom de sa correctrice dans ses remerciements ou au contraire que le fait d’être payé pour son travail est la seule reconnaissance qu’il mérite ?

J’avoue que je suis fière de voir mon nom écrit dans les remerciements ou d’avoir une dédicace élogieuse sur mon travail. Si je n’apparais pas dans les remerciements, je ne vais pas me vexer ou faire un scandale. Je ne vais pas m’arrêter à cela.

Comment se passe ce qu’on appelle la facturation ? Tu demandes une avance ou tu te fais payer tes prestations à la fin de tes corrections ?

Jusqu’à maintenant, je me fais payer à la fin des corrections. J’envoie la facture en même temps que le manuscrit corrigé et propre.

Grille tarifaire
Relecture Correction
Manuscrit jusque 9 999 mots 10,00 € 15,00 €
Manuscrit de 10 000 à 19 999 mots 20,00 € 25,00 €
Manuscrit entre 20 000 et 39 999 mots 30,00 € 40,00 €
Manuscrit entre 40 000 et 59 999 mots 40,00 € 55,00 €
Manuscrit entre 60 000 et 79 999 mots 50,00 € 70,00 €
Manuscrit entre 80 000 et 99 999 mots 60,00 € 85,00 €
Manuscrit entre 100 000 et 119 999 mots 70,00 € 100,00 €
Manuscrit de plus de 120 000 mots 80,00 € 120,00 €

Utilises-tu les réseaux sociaux, des cartes professionnelles, un blog pour te faire connaître ?

Je n’utilise pas les réseaux sociaux ou de blog pour me faire connaître. Ce sont les auteurs qui me recommandent ou les maisons d’édition. C’est souvent le bouche-à-oreille. Néanmoins, j’ai une carte de visite.

Voici où je suis joignable : maplume.correctrice08@gmail.com.

Comme à chaque fin d’interview, voici venu ton instant pub. Tu as quelques phrases pour te vendre. Nous inciter, nous les auteurs, à te choisir comme correctrice. La distribution de chocolats est autorisée…

Vous êtes auteur indépendant et vous avez besoin d’une correctrice pour vous aider dans les corrections de votre manuscrit. Ne cherchez plus, je suis là, avec ma plume, pour dompter les fautes les plus récalcitrantes.

Eloy Sophie, correctrice chez Ma Plume Correctrice.

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