Interviews chroniqueurs

Carine Foulon ou la saga d’un auteur inclassable

Carine Foulon

Professeur agrégée de Lettres Modernes, mon premier roman est Chicago Requiem, un thriller historique. Il succède à plusieurs nouvelles (Magdaleina, Victor d’Estragues…), un recueil de poèmes et plusieurs albums jeunesse.

Interview d’un auteur qui m’a laissé entrer dans son univers et n’a pas hésité à se dévoiler. Je la remercie d’avoir pris le temps de répondre à chaque question avec franchise et honnêteté.

Carine, bonjour. Je lis dans ta biographie que tu as derrière toi un beau bagage littéraire. Professeur agrégée de lettres modernes. Penses-tu que ça facilite le travail d’un auteur ?

Bonjour. Non, je ne pense pas que ça me facilite le travail, sauf au niveau des corrections, parce que j’ai renoué avec la littérature que j’aimais avant de commencer mes études de lettres (les romans historiques, la romance, le roman noir…). On n’étudie pas la romance ou les romans d’Agatha Christie en faculté de lettres.

« Un personnage n’a pas de psychologie. », « un personnage n’existe pas ». Je ne sais pas si c’est la même chose dans les pays anglo-saxons, quand je vois la densité de personnages comme ceux d’Harry Potter ou de Twilight. C’est ce qu’on retient de ces livres, qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas. Mais pour des millions de lecteurs, les personnages de Harry Potter existent, pas dans la réalité, mais dans une sorte de représentation collective. Ils existent pour nous, dans notre imaginaire, et sont plus connus à travers le monde que bien des personnes réelles.

Dans la littérature française, après le Nouveau Roman, on a surtout eu des autofictions, parce que le personnage est mort, c’est « une momie », selon Robbe-Grillet. En France, on tient le romanesque à distance et le personnage en basse estime. Mais si des auteurs comme Musso, Lévi, Bussi, Thilliez que je vois assez souvent méprisés sur les réseaux sociaux (« pas de la grande littérature ») ont un public, c’est parce que ce sont des conteurs d’histoires, qu’ils racontent quelque chose, avec des personnages forts, des intrigues structurées, du suspense.

Au XIXe siècle, avant « l’ère du soupçon », on ne se posait pas tant de questions. Si les Misérables ou les Liaisons dangereuses sont devenus des films ou des mangas, c’est parce qu’une histoire intéressante avec des personnages charismatiques peut faire le tour du monde. Certes, il y a le style, mais qu’est-ce qu’on retient des Trois Mousquetaires ? Ou de Germinal ?

On m’écrit parfois que Chicago Requiem manque de vraisemblance, qu’il y a des incohérences, mais dans les Misérables ? Jean Valjean qui devient Monsieur Madeleine, si riche si rapidement, les heureux hasards, les coïncidences (il retrouve les Thénardier), les noms des personnages qui changent… Je n’ai pas la prétention d’écrire aussi bien que Victor Hugo. Mais un romancier n’a pas besoin de coller à la réalité pour embarquer ses lecteurs. Si je choisis Victor Hugo, c’est parce que c’est le roi de l’exagération, de l’oxymore. Dans Hernani, tout est dans l’outrance, rien n’est crédible, mais ça tient, ça impressionne, on retient l’histoire d’amour de Hernani et de Doña Sol.

Donc mon bagage universitaire va à l’encontre de mes idées, et je suis certaine qu’elles seraient jugées puériles. En France, on n’est pas dans une valorisation du romanesque, bien au contraire. Or si on regarde la littérature pour ado… Ils lisent des mangas, des romans fantastiques, des tranches de vie, des histoires d’amour, parce que qu’est-ce qu’on recherche dès l’enfance, avant même de savoir lire ? Des histoires qui nous transportent, qui nous fassent rêver. Ensuite, seulement, on en arrive à l’analyse.

Que penses-tu des auteurs qui publient en auto-édition et dont il reste quelques erreurs dans leurs textes ? Penses-tu qu’une bonne histoire peut pardonner le fait de laisser deux ou trois fautes d’orthographe ?

Deux ou trois fautes, oui. Je suis à peu près sûre d’en avoir laissé aussi. Je remarque les fautes, mais je ne vais pas arrêter ma lecture si j’en croise une. C’est plus le style, l’univers qui me plaisent ou non.

Tu as publié plusieurs romans, des recueils, des albums jeunesse. Pourtant, je te suis sur ta page FB depuis plus d’un an, mais j’ai l’impression que tu n’en as écrit qu’un seul. Je parle de Chicago Requiem. N’as-tu pas la sensation d’abandonner tes autres écrits au profit de celui-là ?

C’est difficile pour moi de répondre à cette question. Avant Chicago Requiem, j’avais écrit un recueil de poèmes qui s’est peu vendu, gagné quelques concours de poésie. Mais j’étais surtout connue comme auteur jeunesse. En 2013, ma fille avait trois ans, je lui inventais des histoires du soir, j’en ai envoyé à des maisons d’édition, j’ai travaillé avec des illustrateurs. Ça a parfois donné lieu à des albums, le plus souvent dédicacés à ma fille, puis à mes filles quand sa petite sœur est née en 2015. Mais ma fille cadette a une maladie orpheline, le syndrome de West. On ne l’a pas vu quand j’étais enceinte, on l’a su quand elle avait deux mois. J’en parle peu, j’ai repris le travail. Je ne tiendrais pas si je passais mon temps à m’inquiéter pour elle, si je restais chez moi, montais une association.

Mais à partir de là, en 2015/2016, il y a eu une période où je n’étais plus du tout sur FB, où tout s’est un peu écroulé. J’ai pris du poids, j’ai cessé d’écrire des histoires pour enfants. Je n’ai pas forcément eu le suivi psychologique et/ou médical que j’aurais dû avoir, parce que c’est compliqué de gérer les rendez-vous pour un enfant handicapé tout en s’occupant de soi. J’avais commencé l’écriture de Chicago Requiem à la fin de ma grossesse. J’y suis revenue. J’aurais été incapable d’écrire sur moi ou sur ma fille. Je comprends les gens qui le font, mais ça me ferait affronter de plein fouet ce que je vis, et rien que là, en répondant à cette question, j’ai les larmes aux yeux. Du coup, quand j’écris, je me sors un peu la tête de tout ça, comme dans le film Sucker Punch, en quelque sorte.

Le passage de mon roman le plus autobiographique est sans doute celui où William est face au professeur Donner à l’hôpital. J’étais aussi à l’hôpital, et il a deux fils auxquels il tient énormément. La comparaison s’arrête là, et ce n’est pas un roman à clefs, Susan ou Meredith sont purement imaginaires, mais je suis assez proche de William, et ses émotions, des miennes.

Ce roman, Chicago Requiem, a été publié en maison d’édition et connaît à présent une renaissance en auto-édition. Les lecteurs et les blogueurs l’apprécient, mais tout le monde s’accorde à le dire, tous peinent à le cataloguer. Tu es l’auteur, tu le classes comme un roman historique, une romance, un thriller, un vaudeville ou un inclassable ?

J’ai aimé certaines appellations, comme « thriller passionnel » ou « OLNI »… et « drame romantique » aussi, énormément !

Mon roman a été classé comme romance, polar, thriller, roman historique, saga familiale…

Mais bizarrement, il plaît surtout aux lecteurs de l’imaginaire (SFFF) alors que c’est bien la seule catégorie à laquelle il n’appartient pas.

Les lecteurs de romans policiers sont souvent déçus, parce que la police ne sert à rien dans mon livre, que ça ne tourne pas autour des meurtres ou de leur résolution. Pourtant, c’est bien un thriller, mais à l’ancienne, comme ceux de Daphné du Maurier.

Les lectrices de romances sont au contraire souvent agréablement surprises, tout en précisant que ça ne fait pas partie de leurs lectures habituelles, que c’est plus sombre.

L’histoire est à l’arrière-plan. J’ai déjà lu que ça pourrait se dérouler à une autre époque, que les années folles sont là pour le decorum. Je ne suis pas d’accord, parce que j’ai été très précise, que ça n’aurait pas pu se passer au moment où Al Capone avait remplacé Johnny Torrio, et que quand Meredith évoque les élections municipales de 1923, il y a une bonne raison à ça, que j’ai tenu compte des dates, parfois au jour près. Des fois, je regrette de ne pas avoir écrit une dystopie : ça demanderait moins de dates, de vérifications, règlerait le problème d’éventuels anachronismes… mais bon, j’ai choisi les années folles. L’histoire passe à l’arrière-plan derrière la fiction, comme dans les romans de Dumas, mais elle est présente. Surtout, je prévois une saga, et donc au niveau de la temporalité, de la frise chronologique, c’est placé en 1921-1923 pour de bonnes raisons. Une des plus évidentes, c’est que les recherches d’ADN, les Experts, les enquêtes scientifiques, je n’en voulais pas, et la police non plus. Par contre, Interpol est créée en 1923 et ça m’importait pour la suite. C’est très précis, mais sur le long terme, l’ensemble de la saga.

Donc inclassable, mais « thriller historique » et « saga familiale » (sombre) me conviennent.

Cette particularité de ton roman t’a valu quelques déboires. Mal étiqueté, il a pu décevoir quelques personnes qui ne s’attendaient pas à ce genre de lecture. Je te donne l’opportunité de remettre les pendules à l’heure et d’expliquer certaines de tes argumentations face à des blogueuses parfois en colère et qui n’ont pas saisi ton incompréhension.

C’est gentil de me donner cette opportunité.

En même temps, je ne sais pas qui est actuellement en colère contre moi, mais bon, ça pourra peut-être permettre de crever l’abcès.

Je ne sais pas à quel genre mon roman appartient. Je ne sais pas à quel public il s’adresse. Je ne vois pas dans quel catalogue il trouverait sa place.

Il devait sortir en tant que thriller, il est sorti le 1er juillet 2017 en tant que dark romance (que j’ai dédicacée dans une librairie jeunesse à côté d’un auteur jeunesse… je suis moi-même auteur jeunesse). Il a été chroniqué en tant que polar, que thriller, avec parfois de mauvaises notes parce que ça serait plutôt une romance. Mais les blogs sur la romance précisent que c’est un thriller. Sur un blog, j’ai lu que ce n’est pas un thriller, mais un polar. C’est un roman historique, mais en fait non, car il n’est pas assez documenté.

Le problème, avec mon bouquin, c’est qu’il ne s’adresse à aucun public prédéfini. Or les lectorats s’opposent. Si une romance paraît, répondant aux critères du genre, et qu’elle est très bien écrite, avec une histoire qui tient la route, émouvante, des scènes érotiques réussies, elle aura 5 étoiles parce que les gens qui la liront sauront à quoi s’attendre. Idem pour un thriller ou un roman fantastique. Mais pour mon livre, c’est différent. Le lecteur est forcément extrait de sa zone de confort. S’il aime les scènes de crime, c’est fichu. S’il aime l’érotisme, c’est râpé.

Pour le promouvoir au mieux et de lui trouver ses lecteurs, je dois convaincre des publics qui, en plus d’être variés, ne s’apprécient pas.

« Bonjour, universitaires de lettres, je viens vous présenter mon livre…

— Mais c’est une romance autoéditée !?!

— Non, c’est une œuvre littéraire dont le premier chapitre est un hommage à Michael Richardson dans le roman le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras… Ce n’est en aucun cas une romance.

— Pourquoi tu dis que ce n’est pas une romance ? Tu es honteuse d’avoir écrit une romance ? Tu n’aimes pas la romance ? J’écris de la romance et j’en suis fière !

— Non, ce n’est pas le problème. Le problème, c’est qu’il ne va pas m’acheter mon livre s’il pense que c’est une romance.

— Ah, parce que ce n’est pas un polar ? On me l’a vendu comme un polar !

— Oui, et au niveau historique, pourquoi il n’y a pas Eliott Ness ? La quatrième de couverture mentionne Al Capone, mais on le voit à peine.

— J’ai bien aimé, mais je trouve que c’est plus une romance qu’un thriller.

— J’ai adoré, un vrai coup de cœur. C’était aussi bien que le dernier Musso…

— Non, mais ce n’est pas un grand écrivain, Musso. Si c’est comme ça, je quitte le groupe de lecture. »

Bref, si je créais un groupe sur mon roman, ce que je n’ai pas fait, ça serait un gros bazar, vu qu’on serait face à des lectorats très divers, qui se dénigrent les uns les autres. Je suis au milieu de tout ça.

Je réponds aux universitaires qui jugent mon roman bourré de poncifs, aux lectrices de romances qui se demandent pour qui se prend cette agrégée-là. Je suis une autrice d’albums jeunesse qui a écrit une dark romance et qui doit se défendre que son polar ne soit pas assez sombre, avec pas assez d’action pour un roman policier. Mais il faut quand même souligner que mon roman a souvent, peut-être majoritairement, été apprécié. Je ne sais pas comment. C’est Boudu sauvé des eaux.

Si une seconde maison d’édition te donnait la chance de publier Chicago Requiem, la saisirais-tu ?

Je n’en suis pas sûre. Je suis plutôt décidée à auto-éditer aussi mes romans suivants.

Victor d'Estragues par [Foulon, Carine]

Le roman Chicago Requiem te tient tant à cœur, que tu en parles dès que tu en as l’occasion. N’as-tu pas peur de lasser les lecteurs ?

C’est déjà fait, malheureusement. ^^ Comme le chante Zazie : « Je tourne en rond, je tourne en rond… » (M’enfin : Mamie a ses marottes.)

Magdaleina par [Foulon, Carine]

Le deuxième tome de la saga des Henderson est-il déjà commencé ? Si oui, quand peut-on s’attendre à lire la suite ?

Le second tome est en cours d’écriture, mais ce n’est pas la suite de Chicago Requiem. L’histoire se passe en même temps, on retrouve certains personnages. J’ai viré le narrateur. J’aimerais qu’on puisse lire ce roman sans avoir lu Chicago Requiem, mais pour ceux qui auront lu les deux, ça devrait former un troisième roman en rassemblant les deux pièces.

Tous les chapitres de Chicago Requiem commencent par une citation avec le mot « corde », sauf un, qui s’ouvre sur une citation extraite de Chicago Requiem : « Avoir l’air intègre, irréprochable, honnête, voilà le grand secret. Mais sous le vernis des apparences, l’on peut bien faire ce que l’on veut tant que personne n’est au courant. »

Or Chicago requiem, c’est le vernis des apparences. Une des chroniqueuses de mon roman écrivait qu’elle aurait bien aimé voir l’aspect contemplatif se fissurer plus souvent, mais comme ce roman est une couche de vernis, une vitrine, le lecteur reste à la surface, je fais en sorte qu’il passe à côté. Je comprends que ça soit frustrant. Sur un lecteur sensible, qui lit à travers les mots, ça peut au contraire être vécu comme un roman noir très violent, comme si l’aspect théâtral renforçait l’horreur de ce qu’on devine, qui n’est pas montré, comme dans les tragédies classiques où la violence n’est jamais exhibée sur scène. Mais si on contemple le vernis, sa beauté, on finit par bâiller.

Le prologue, avec le viol raconté dans un style à la Barbara Cartland, avec les clichés comme « une mine altière qui lui seyait comme un gant » ou « du dernier chic », est déjà la juxtaposition d’un style mièvre, clinquant, « en sourdine » avec une histoire qui n’a rien à voir. C’est grinçant parce que l’on est dans une parodie comme « Le cœur a ses raisons », l’humour en moins, et ensuite tout repose sur la personnalité du lecteur.  Le second tome, c’est l’écroulement du vernis.

Ton album jeunesse Pouline permet aux plus jeunes de manipuler les chiffres de 1 à 5 tout en découvrant les multiples manières de se faire cuire un œuf. Penses-tu que ce livre devrait trouver sa place dans une école ?

Il pourrait puisque ma fille était alors en moyenne section et que j’y ai mis la numération de 1 à 5 (addition et soustraction), des rimes (c’est présenté comme une comptine) et que ça ressemble à Roule-Galette. Pouline est un album jeunesse qui a des allures de classique. Et puis les illustrations de Thanh Portal sont superbes.

Mais Pouline avait été rapproché du thème de l’IVG (à cause des œufs…). Je n’y avais même pas pensé, ma maison d’édition non plus.

Ce qui m’amuse un peu, rétrospectivement, c’est qu’à aucun moment, je n’ai répondu aux chroniqueurs lors de la petite polémique sur Pouline.

Pour mon autre album jeunesse, le petit bonhomme Flocon, les rares chroniques sont superbes et insistent sur le fait que c’est un excellent album. Il est magnifique aussi, avec les très belles illustrations de Laure Marchand.

On m’a déjà proposé des ateliers dans les écoles, mais comme je suis maman, enseignante et écrivain, il me faudrait plus de temps. Mais j’ai un peu de mal à me remettre en selle en tant qu’auteur jeunesse.

Comment réagis-tu à un commentaire négatif ? Te remets-tu en question ou penses-tu que le lecteur doit, lui, se remettre en question ?

Je me remets trop en question. Ce qui est fait est fait. Seulement… ça va tourner en boucle dans ma tête pendant un bout de temps.

Parfois, j’ai l’impression d’être mal comprise. Quand quelqu’un commente mon livre, j’ai souvent envie de discuter. Et bon… il y a des chroniqueurs que ça ne dérange pas, qui me répondent et même me remercient. Mais d’autres le vivent comme une intrusion. De temps à autre, une chronique sur mon roman commence par un commentaire sur ce qui a été écrit dans une autre chronique. C’est intéressant, mais ça ne donne jamais lieu à un échange entre les chroniqueurs dans les commentaires.

Hier, j’ai lu par hasard sur Facebook : « J’ai du mal à dépasser les cinquante premières pages. L’écriture de Carine Foulon est plate, pleine de clichés, sans aucune recherche de vraisemblance. ». Bon (Paf dans mes dents !). Je ne peux pas répondre. Mais je n’arrive pas non plus à ne pas y penser, même si j’ai lu dans d’autres commentaires que mon style s’approchait de la perfection, que mon roman est « bien écrit, trop bien écrit » ou simplement que mon style est bon. Etant donné le nombre de chroniques parues sur mon livre, je ne devrais pas me soucier de l’avis d’une seule lectrice, mais le fait est qu’il y a des clichés, volontaires, dans mon livre, surtout au début (« une mine altière qui lui seyait comme un gant », « un costume qu’il trouvait du dernier chic »). Ça n’est d’ailleurs pas forcément mon style, si je le compare à celui de mes nouvelles ou de mon roman en cours d’écriture. Il y a une volonté de créer un univers artificiel, stéréotypé au début de Chicago Requiem, où tout le monde est beau, jeune et riche, « Luxe, calme et volupté », une façade. Mais ça n’est pas toujours compris comme du second degré. « Des oiseaux volaient dans le ciel bleu ; le soleil brillait. » Difficile d’écrire une phrase plus plate, mais c’est la phrase écrite au moment du viol, donc c’est complètement discordant.

Avec le recul, j’aurais pu choisir mieux comme entrée en littérature. Si on lit ma nouvelle « Magdaleina », on sait à quel point je manie l’ironie. Le style de ma nouvelle « Louise », qui n’est plus éditée (la maison d’édition a fermé), est également tout à fait différent. Mais le lecteur qui me découvre sur Amazon à travers les premières pages de Chicago Requiem et les feuillette peut croire à une blague, ou confondre le narrateur et l’auteur en pensant que je ne sais pas écrire. C’est un point que j’aurais aimé préciser (c’est volontaire, c’est une façade et il y a quelques indices qui montrent que ce sont des scènes de polar écrites à la manière d’un roman à l’eau de rose par un narrateur naïf). Une des chroniques parues m’aurait permis de le préciser, mais quand je l’ai commentée, je n’ai pas eu de réponse.

Un ami m’a écrit hier : « chaque lecteur va ressentir ton style à sa façon, et ce qui apparaitra comme un défaut à un lecteur sera une qualité pour un autre : un auteur n’est pas censé accompagner son roman d’un appareil critique ».

Il a parfaitement raison, même si beaucoup d’auteurs ont accompagné leur roman d’un appareil critique sans lequel il risquait de ne pas être compris (les Carnets de Marguerite Yourcenar, le Journal des faux-Monnayeurs, les essais de Robbe-Grillet, le Manifeste du Surréalisme, etc.). J’ai tendance à construire cet appareil critique, même involontairement, d’après les commentaires sur mon livre : grâce à Internet, j’assiste à sa réception. Je pense que ça joue d’ailleurs sur l’écriture de mon second roman.

La dernière question n’en est pas une, mais un instant pub. En peu de mots, pour ceux ou celles qui n’auraient pas encore découvert ton univers, que veux-tu leur dire pour les inciter à acheter tes romans ?

Que s’il a eu de bonnes chroniques jusqu’à maintenant, ce n’est certainement pas grâce à ma réputation ou à moi, et que si le roman d’une personne qui est l’ennemi(e) Boulet(te) n°1 plaît, c’est qu’il est vraiment bon.

Carine, merci de ton temps. Je souhaite longue vie à ta saga atypique ou même inclassable, mais inoubliable.

Pour acheter Chicago Requiem, c’est ici

Pour retrouver l’univers de Carine, c’est ici

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