L'amour de l'écriture

Sandrine Marcelly ou ABCorrecteur

Je suis correctrice de textes, parce que j’aime les mots, l’écrit, pour aider les auteurs, les éditeurs, à obtenir un texte prêt à publier.

Lire, lire, lire, tout ce qui est écrit, m’apprend quelque chose, me distrait, me fait réfléchir, me fait voyager dans l’espace ou dans le temps. Et traquer les erreurs pour qu’une fois publié, le texte soit impeccable.

Sandrine, bonjour. Derrière la correctrice se cache une femme que j’aimerais découvrir. As-tu des détails croustillants de ta vie à me confier ?

Bonjour. Croustillants, je ne sais pas, veux-tu dire par-là que je suis gourmande ? Je suis une amoureuse des mots, pas qu’en français, d’ailleurs, puisque j’ai fait des études de langues et que j’ai aussi vécu à l’étranger, au Japon et en Angleterre. Je suis aussi une droguée… aux mots, aux livres. Quand je suis en vacances, j’ai toujours un livre. À part ça, je suis maman de deux enfants en couple depuis une vingtaine d’années, quelqu’un de normal, en fait.

Possèdes-tu une méthode particulière pour la correction d’un roman ?

Dans un premier temps, je nettoie le fichier à l’aide d’un logiciel : c’est plus facile de repérer toutes les erreurs d’espacement (doubles espaces, par exemple) qu’à l’œil nu, et ça me permet d’éliminer un certain nombre de fautes. Comme ça, je peux concentrer mon attention sur le reste à la lecture. Ensuite, il s’agit de lire le texte en vérifiant toutes les informations, parfois en prenant des notes sur les dates, les noms… en me mettant à la fois dans la tête du correcteur (est-ce que l’accord est correct) et dans celle du lecteur (il n’a pas dit le contraire un peu plus haut ?). La deuxième lecture me sert évidemment à contrôler ce que j’ai fait, mais aussi à repérer les détails en début d’histoire qui seraient en contradiction avec la fin, que je garde en tête.

J’ai connu ta page FB grâce à la Clé de l’orthographe, une mine d’informations afin d’aider les auteurs ou autres. Comment t’est venue l’idée de ces publications ?

En correction, on retrouve plus ou moins toujours le même type d’erreurs, les mêmes fautes d’accord, de construction, la même confusion entre deux mots… Par ailleurs, je commençais mon activité et je me faisais connaître essentiellement par les réseaux sociaux. Je me suis dit qu’une publication de temps en temps sur les fautes les plus courantes pouvait joindre l’utile à l’agréable en aidant ceux écrivent et en me faisant un peu connaître. L’un de mes clients l’a vu et m’a réclamé une publication hebdomadaire. C’est même lui qui a inventé ce nom de Clé de l’orthographe.

En tant que correctrice, ne crains-tu pas que ces publications te desservent ? Je m’explique. Les auteurs pourraient se dire : tiens, je deviens autodidacte, je n’ai plus besoin de correctrice.

Je l’ai craint, au début, mais ceux qui pensent vraiment pouvoir se corriger seuls n’ont pas besoin de mes chroniques, ils trouvent beaucoup d’outils en librairie qui sont beaucoup plus complets que tout ce que j’écrirai jamais. Je les cite d’ailleurs parfois dans mes chroniques et je m’en sers très régulièrement pour contrôler une règle, supprimer un doute.

Pour les autres, au contraire, mes publications leur permettent d’être autonomes sur un certain nombre de points, mais elles leur donnent surtout confiance en moi grâce aux Clés de l’orthographe. Comme toi, par exemple. Certains sont devenus mes clients parce qu’ils m’ont lue, d’ailleurs.

Comment encouragerais-tu un auteur à te faire confiance ? Que lui apportes-tu qu’il ne possède pas pour boucler un roman parfait ?

Sans hésiter, le regard extérieur qu’on n’a plus quand on connaît trop bien un texte, qu’on a le nez dans le guidon. Il paraît dans ce cas, le cerveau « voit » ce qu’il soit qu’il doit voir… donc pas ce qui est écrit. Il m’arrive de relire des Clés de l’orthographe quelque temps après et de changer une tournure que je trouve lourde alors que je n’ai rien vu quand je l’ai écrite, par exemple, par manque de recul. Et pourtant, ce sont des textes courts.

D’autre part, pour moi, comme je te le disais tout à l’heure, une correction, ce n’est pas juste de l’orthographe et de la grammaire. C’est aussi traquer tous ces petits détails qui font que l’histoire tient la route… ou pas. Pour te donner des exemples concrets, ça va de la simple coquille (orgue au lieu d’orque, ou Louis XVI pour Louis XIV) au personnage qui met six heures pour faire Paris-Lille alors qu’il en faut environ deux et demie selon Mappy, en passant par celui qui achète un bijou en toc chez un grand bijoutier ou l’inverse ou par l’enfant de cinq ans qui parle bébé… tous ces petits détails qui font que la bonne histoire devient bancale. Je me sers bien sûr d’internet pour vérifier les informations, de mon vécu personnel (une maman sait qu’un enfant de cinq ans parle correctement…) Et pour ça, il faut un regard extérieur qui n’a pas suivi l’écriture du roman pour le voir.

Quand je sens un auteur hésitant ou qui a eu de mauvaises expériences de correction, je lui propose de corriger une page A4 du texte de son choix gratuitement. Ça lui permet de voir si ma façon de travailler lui convient ou pas.

Tes tarifs sont-ils fixes ou varient-ils en fonction du nombre de fautes, de traques aux coquilles que tu décèles ?

Ils sont dégressifs en fonction du nombre de pages A4, pas de la quantité de fautes, ce serait impossible à savoir d’avance : aucun logiciel n’est capable de savoir quel accord faire si le sujet d’une phrase est « je » ou « tu », par exemple. Et je n’aime pas avoir de mauvaises surprises après avoir validé un devis quand je suis cliente, donc je n’en fais pas non plus. Le devis que j’envoie quand je reçois un texte est officiel est définitif, garanti sans mauvaise surprise.

Sandrine, un dernier mot encourageant pour les auteurs qui pensent que le français est décidément une langue bien compliquée ?

On a toute la vie pour apprendre et progresser, alors s’ils peuvent toujours s’améliorer, ils ne doivent pas baisser les bras.

Ensuite, c’est parce que le français est compliqué et si riche que les auteurs peuvent autant s’amuser avec, jouer avec les mots, les doubles sens…

Et puis, chacun ses compétences. Moi, je sais appliquer des règles de grammaire, sortir mon œil laser pour voir ce qui ne va pas dans un texte. Les auteurs, eux, savent nous faire rêver, nous faire peur, nous faire réfléchir, nous emmener dans leur monde sorti d’on ne sait où… Le français est compliqué, soit, mais il est au service de leur talent, alors je ne peux que les encourager… à continuer à nous donner du plaisir.

Sandrine, merci d’avoir accepté de répondre à toutes ces questions, et merci, pour le partage de tes clés de l ‘orthographe.

Pour retrouver Sandrine sur sa page FB :

https://www.facebook.com/Sandrine-Marcelly-ABCorrecteur-351101605238901/

 

 

 

 

 

 

 

Inclure mes remerciements.

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