A la découverte de la Voie de Calliopé, Les auteurs de la Voie de Calliopé

Rainie Lucian ou le chant d’un auteur

Rainie Lucian, un jeune auteur qui vit dans le monde de l’imaginaire, mais dont la tête est bien vissée sur les épaules. Son slogan : 😛 Le romantisme me tue et le sarcasme m’habite.

Partons à la découverte d’une jeune femme qui redescend de sa planète pour nous notre plus grand bonheur. Cerise sur le gâteau, (oui, car Rainie adore nous cuisiner), à la fin de l’article découvrez le prologue de cette magnifique histoire d’amour et de tolérance.

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Rainie bonjour.

Bonjour !

Cette semaine est riche en événements. Tu nous annonces la sortie de ton roman Le chant de l’aigrette dont voici le résumé :

Izumi, lycéenne Tokyoïte et passionnée par la musique, vit dans la crainte : celle de tomber dans le silence. Atteinte d’une surdité partielle, elle tente tant bien que mal de résister à la chute qu’elle sait, inévitable. Bercée par l’amour de ses proches, elle tente de se construire un monde dans lequel rien ne l’atteint. Malheureusement, les sentiments de certains de ses amis la rendent vulnérable et la désolent. Prise entre deux feux, Izumi se surprend à penser que l’amour pourrait l’aider à se relever…

Izumi est-elle une part cachée de Rainie ?

Oui, elle est très en lien avec ma personne. C’est un peu mon reflet et ma façon de crier au monde entier que j’ai beau avoir un handicap, je n’en reste pas moins une humaine qui éprouve les mêmes sentiments que les autres. Je trouve qu’on ne parle pas assez de la tolérance envers les handicapés et cela me révolte (disons qu’Izumi est mon côté révolutionnaire). Ce livre est quelque peu autobiographique, bien que je ne sois pas japonaise – hélas.

La sortie est une autoédition. Un choix ou une fatalité ?

Je dirais que c’est un peu les deux. J’ai reçu pas mal de propositions de contrat pour ce livre, mais à chaque fois j’avais les mêmes questions qui me venaient en tête : et si on me négligeait ? Et si les corrections étaient mauvaises ? Et si tu n’as aucune correction et aucune promotion ? Ces craintes ont fini par me faire claquer la porte de certaines maisons d’édition dont j’ignorai bien des choses… Il y a également le fait que j’aime apprendre de mes erreurs, or, une correctrice se serait contentée de corriger sans jamais m’expliquer pourquoi c’est ce temps et pas un autre.

Du coup, j’ai préféré opter pour l’autoédition, car je suis plus à même de savoir quand publier et où, ainsi que gérer tout ce qui englobe l’histoire. Je ne dis pas que le livre est parfait. Il y a sûrement encore des petites choses à revoir, mais j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que cela soit plus que potable. Je compte pas mal sur la franchise des lecteurs, j’accepte aisément les critiques à partir du moment où on me dit ce qui ne va pas. J’ignore si tu as constaté ou non, mais beaucoup de chroniqueurs ne disent que des choses positives et très peu de négatif quand il s’agit d’un livre sortant d’une maison d’édition… Or, la probabilité que tout le monde apprécie la même histoire me semble très très faible ! Du coup, je me suis dit que ce sera un bon moyen de savoir ce que cela vaut réellement, sans qu’on me cire les pompes avec des compliments qui ne me permettront pas de faire évoluer ma plume.

Rainie, un auteur multitâche. Une jeune femme passionnée par l’écriture, la mode, la musique. Quelle passion prend le pas sur les autres ?

Je dirai que tout dépend de mon humeur du jour. Si je m’écoutais, je passerai mon temps à écrire et à dessiner. Jouer de la musique me plaît beaucoup, mais je ne me rends pas toujours compte de ce que cela donne, alors qu’avec l’écriture, je suis libre de faire ce que je veux et en dessin aussi. Le problème de la mode, c’est que les idées que j’ai ne sont pas toujours réalisables vu que je n’ai pas tout le matériel nécessaire. Sinon, crois-moi qu’il y aurait longtemps que j’aurais réalisé les tenues de tous mes héros littéraires.

Tu écris principalement des histoires imaginaires. N’as-tu pas envie de revenir dans le monde réel et de changer de genre ?

Le monde réel ne m’attire pas plus que cela. Je le trouve un peu trop étrange, surtout avec cette politique qu’il faut prendre soin de la planète et la seconde d’après, on donne raison à truc qui veut créer une entreprise ultra polluante mais qui faciliterait grandement la vie des gens… Ou alors, on peut parler des spots publicitaires qui ne servent à rien, du genre la sécurité routière qui te dit que tu ne dois pas bidouiller avec ton téléphone et tout, sauf que dans les voitures tout est électronique maintenant … C’est plein de choses comme ça qui me font dire que l’humain est un parfait crétin qui ne pense qu’à sa poire et qui ne se rend pas compte que ce que la nature nous a donné est belle et mérite d’être chéri. Bientôt, on aura plus que nos yeux pour pleurer et nos mains pour retourner travailler à la terre, nos enfants nous en voudront… C’est très apocalyptique comme vision, mais très réaliste.

Je crée de l’imaginaire pour m’échapper de cette réalité qui m’assomme et m’énerve. Dans mes mondes, les gens prennent conscience que tout a son importance, que ce soit la petite fourmi ou le grand chêne qui vit ici depuis des siècles. J’essaie de démontrer que nous devons faire quelque chose avant que ce soit trop tard… Toutes mes histoires fantaisistes se basent sur  cette vie réelle qui est effrayante. Alors pour rien au monde, je ne changerai de genre. J’ai besoin d’évasion et de fuir cette oppression.

Ton roman L’Exilée est adapté aux dyslexiques. Une superbe idée de la ME ou de l’auteur ?

Je ne vais pas te mentir : je n’étais pas au courant qu’il allait sortir au format pour les dyslexiques. Au début, on m’avait brièvement parlé de cela et je pensai que le livre sortirait en deux versions : dyslexique et normal. En soit, ça me paraissait logique et ça évitait d’imposer aux gens telle ou telle police.

Sur les réseaux sociaux, tu ne te montres pas bavarde. Penses-tu que pour vivre bien, il faut vivre caché ?

Vivre caché ? Pas spécialement. Certaines personnes fonctionnent en se disant que plus on en dit sur soi, plus les gens viendront vers nous. Je dois admettre que cela peut fonctionner parfois. Mais je n’ai pas opté pour ce que j’appelle une « stratégie ».

Je ne suis pas bavarde avec tout le monde, car, malheureusement, je n’ai pas le temps de parler… Eh oui ! Entre les études, mon job, l’écriture et les dessins de mes mondes, c’est un peu la misère de tout suivre et de tout faire. Mes journées sont bien chargées et en plus, je préfère rester qu’un mystère pour tout le monde. Je ne vois pas l’intérêt de conter ma vie, sachant qu’elle n’est pas des plus passionnantes. Vivre caché était une évidence pour moi ! Je n’aime pas être mise en avant comme un simple phénomène de foire. Je préfère prendre le temps de faire des rencontres, de parler avec les gens, tout en leur parlant un peu de moi, sans pour autant qu’ils me connaissent de A à Z. Je n’ai pas énormément d’ego et je ne tiens pas à ce qu’il se développe… Je ne veux pas devenir insupportable, car ce serait invivable pour les personnes autour de moi. Je me connais et je sais très bien que si j’en dis plus, ma nature risque de changer et je n’ai pas envie de passer du stade sociale à hyper sociale et de timide à pipelette de compet’. Après, chacun fait ce qu’il veut et chacun se connaît – en théorie !

Comme à tous les auteurs, je te donne ton instant pub. Le moment pour toi de te vendre en quelques phrases.

       Un peu folle et sadique sur les bords, je m’abandonne aisément à des délires purement imaginaires avec mes lecteurs. Il n’est donc pas rare que vous me découvriez en train de blaguer avec telle ou telle personne. Ce que vous ignorez, c’est que les délires peuvent se retrouver dans un de mes livres afin de vous faire un bref clin d’œil ! Si vous désirez suivre mes aventures, il vous faudra un zeste de folie, un brin de courage et surtout, ne pas manger avant de me lire ou ne pas manger en même temps. Bon d’accord, pour Le Chant de l’Aigrette, vous êtes épargné vu que c’est tout mignon et choupinou, mais cela va changer ! Alors si vous désirez adopter un auteur complètement frappé et qui se salit les mains au fil des pages, tapez 1 ! Pour relire ce message, tapez #. Pour fuir, il suffit de composer la touche *.

Rainie, merci de ton temps. Que le chant de l’aigrette résonne comme la musique du bonheur aux yeux du lecteur.

Merci à toi ! En espérant t’entraîner au Japon avec Izumi. Bon courage !

Pour retrouver les romans de Rainie Lucian :

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Découvrez le prologue de cette magnifique histoire :

Il était une fois… »
Je m’arrête et soupire. Sans plus attendre, je balance mon stylo dans ma chambre. Pourquoi devrais-je commencer mon histoire ainsi, alors que je n’en vois pas l’utilité ? On vit tous une fois et c’est vraiment débile de dire ça à notre époque – à moins de s’attendre à respirer le bonheur d’un conte de fée. Utopie quand tu nous embrasses.
Ma vie n’a rien de très glorieuse, et j’ai conscience d’écrire cela sur une feuille de papier qui virevoltera au gré du vent sous la forme d’un avion. Oui, je sais ! On me dira probablement « Oui et la pollution t’en fait quoi ? Blablabla…. ». Cela peut sembler égoïste et puéril de répliquer par un « Mais moi, je trie mes déchets et je passe mon temps à nettoyer le bout de forêt qui se situe derrière chez moi quand je fais du jogging », mais ce serait mentir.
Voyez-vous, je vis en plein cœur de Tokyo, alors comment dire que la forêt n’existe pas, sauf si on parle de bois d’immeubles, dans ce cas, ça marcherait non ? Certains tokyoïtes pourraient même vous dire qu’ils ignorent à quoi ressemblent les animaux de nos campagnes… Je plaisante, enfin en partie. Qu’importe je m’éloigne de mon sujet principal !
Ces quelques lignes, prêtes à décoller, marqueront sans doute le destin d’une personne que je ne connais pas. Ce n’est pas un S.O.S venant d’une terrienne en détresse – comme dirait, le chanteur Daniel Balavoine, une perle musicale que j’aurais aimé connaître davantage – et encore moins une demande d’amitié, mais une irrésistible envie de hurler au monde entier que ce qui m’atteint peut toucher n’importe quel être vivant sur cette planète. Un jour, on est en pleine forme et le lendemain, on découvre la face cachée de l’iceberg. C’est comme cela que la vie fonctionne. Elle nous tire une flèche dans le dos quand on ne s’y attend pas.
Je regarde mon pot à crayon et m’empare d’un porte-mine. D’une main habile et experte, je trace les kanjis – caractères chinois utilisés par les Japonais –, et les quelques hiraganas – un des syllabaires japonais – qui caractérisent tant notre belle langue.
« Écouter le vent. Chanter face à la mer. Entendre le bruissement des vagues, la violence du vent dans les feuilles, les bruits de klaxon, le son de la ville et de la campagne.
Les aboiements d’un chien, les miaulements d’un chat. Le hululement d’une chouette dans l’obscurité totale. Ne plus pouvoir écouter le chant des aigrettes voyageant au-dessus de nos têtes en hiver. Les pleurs d’un enfant ayant perdu son doudou ou en pleine colère. Les hurlements d’une femme ou d’un homme en proie à la peur ou saisi par la joie.
Si seulement je pouvais toucher une nouvelle fois les cordes de cet instrument que j’ai tant chéri, sans trembler et sans verser ne serait-ce qu’une larme. Jouer du violon à en perdre la notion du temps. Se concentrer sur les éventuelles fausses notes à venir et lutter pour ne plus les reproduire encore et encore. Ne plus oser effleurer le bois de crainte de s’effondrer de désarroi.
Se remémorer la voix de ses proches. Prendre plaisir devant un film sans avoir à regarder constamment les sous-titres. Taper du pied aux rythmes d’une musique et s’amuser à faire du play-back dessus.
Je ne peux rien faire de tout cela. Je suis différente des autres en bien des points et je subis leurs moqueries constamment. La raison principale ? Je suis sourde.
Aujourd’hui, je rage et je peste contre ceux qui pensent que nous sommes des étrangers et ne méritons pas le même traitement, à cause d’un simple défaut de génétique ou dû à un accident. Alors, toi qui me liras, mets-toi ça en tête : nous sommes tous humains qu’importe nos imperfections et nos qualités. »

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