New Romance ou Old Romance ? Chapitre 9

Chapitre 9 : Bonjour docteur Mamour

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Au départ, l’idée que je devienne auteur n’emballait pas Guillaume. Il trouvait que ma place aux fourneaux me convenait de manière parfaite et qu’on ne changeait pas une équipe qui gagne. Il a tout tenté pour me convaincre d’arrêter, puisant même dans des compliments destinés à me faire reprendre le droit chemin.

— Ma chérie, ce que tu es sexy en tablier de cuisine !

Vexée, j’ai repris le chemin de la chambre d’amis. Je peux battre des records lorsque je tire la gueule. Si un jour cela devient un sport international, mesdames, vous pouvez courir pour me détrôner.

Jour 3 de bouderie. Dimanche.

Guillaume a loupé l’ébat sous la couette. Je remarque son air maussade. Bien fait !

Toute la matinée, je regarde la télévision et je monologue.

Téléfoot :       — Waouh, ils sont bien gaulés les sportifs !

La messe :     — Seigneur, envoyez-moi un miracle ou un autre mari.

En cuisine ! : — Hé Ben, ça fait plaisir de voir un homme qui cuisine !

Guillaume râle dans son coin. Tout à coup, il se lève et se dirige vers la cuisine.

Une heure plus tard.

Un délicieux effluve d’épices et de sauce tomate chatouille mes narines. Guillaume apparaît dans le salon, mon tablier noué autour de ses hanches. Je reconnais qu’il n’avait pas tort. Ce qu’il est sexy !

— J’ai préparé à manger. Tu viens ?

Ben dis donc, en dix-huit ans, c’est une première. Je me lance à sa suite, mais je reste prudente. Mon mari cuisine, cela relève du suspect. Guillaume pense que les poulets dorent au soleil, que les poissons s’écaillent en se frottant aux coraux et que les pommes de terre enlèvent leur chemise avant de se faire sauter (dans la poêle).

L’homme a préparé des pâtes, des gnocchis. Il propose de me faire goûter afin de vérifier la cuisson. Il approche la cuillère de ma bouche…

Il faut visualiser la scène, il dépose sur ma langue cette pâte creuse remplie d’eau bouillante à 100°.

Argh, je meurs ! Ma langue gonfle, double de volume et menace de m’étouffer. Seule la haine de l’être aimé me maintient en vie. Je l’insulte.

— Spéce d’imbcil, t’es co ou qoi ? (D’habitude, je suis la reine des insultes lors d’une dispute, mais n’oubliez pas que ma langue pèse aussi lourd qu’une semi-remorque et que les cloches d’eau l’alourdissent encore.)

Direction les urgences ! Après trois heures de patience, le médecin me reçoit. Nom d’un chien ! Le même que celui qui m’a enlevé les échardes dans le dos. Il me reconnaît et sourit.

— Alors ? On a avalé une tique ?

Je me retiens de ne pas lui planter son thermomètre dans le…

Isabelle, calme-toi. Un auteur ne peut utiliser des mots aussi primaires. Je dois tirer la langue et la passer sous un jet d’eau froide. Le docteur me tend la main et un sourire moqueur se dessine sur son visage.

— À bientôt, madame.

Sur le chemin du retour, Guillaume et moi n’avons pas échangé une seule parole. Dignement, j’ai repris mes fonctions dans la cuisine.

Un dimanche plus tard.

Je le consacre à l’écriture. Je prépare deux scènes intenses de sexe pour mes romans.

Titre chapitre New Romance : mon amant, ce guerrier.

Euloge prend appui sur ses avant-bras et se redresse. Mon Dieu, il est si beau en plein effort. D’une voix chevrotante de désir, je le supplie. Un cri s’échappe de mes lèvres entrouvertes.

— Oui, oui ! Je sens que ça vient !

— Elina, tu es si bonne ! Cinq fois et j’ai toujours envie de toi !

Il s’effondre sur le lit et je contemple la fine sueur sur son corps d’albâtre. Mon admiration s’accroît de jour en jour. Ses performances sexuelles atteignent le seuil du non-permis. Pas de doute, je tombe amoureuse de cet amant hors du commun.

Titre chapitre Old Romance : mon mari, ce guerrier.

Guillaume plie les coudes, se redresse en prenant appui sur ses avant-bras. Mon Dieu, il est si beau en plein effort. Un cri s’échappe de mes lèvres entrouvertes.

— Oui, oui ! Je sens que ça vient !

— Cinq fois, ma chérie. Cinq fois ! Et je peux encore le faire !

Il s’effondre sur le parquet ciré et je contemple les auréoles de transpiration sur sa tenue de jogging. Je suis admirative. Cinq pompes d’affilée ! Il est fort mon Guigui. Pas de doute, je suis toujours amoureuse de mon mari.

Titre New Romance : la gymnastique du corps.

Euloge me plaque contre le mur. D’une main, il soutient mes fesses, de l’autre il baisse pantalon et boxer. Je croise mes jambes autour de ses hanches. Il remonte mon string et écarte mes lèvres humides. D’un coup bestial, il me pénètre. La jouissance traverse mon corps de frissons sensuels et ô combien orgasmiques. Nos mains et nos jambes s’entremêlent dans une danse lascive. Nos corps fusionnent et ne font plus qu’un.

Titre Old Romance : n’est pas souple qui veut…

Guillaume me plaque contre le mur…

Retour aux urgences. Le médecin (le même encore) défie la loi de la probabilité. Celle de me croiser sur une centaine de patients, trois fois de suite. Mais cette fois, je ne suis plus seule.

Verdict.

Guillaume, une épaule luxée. Moi, foulure du poignet.

Curieux, notre soigneur pose des questions sur notre accident. Je brode.

— Je nettoyais le plafond… l’échelle a cédé sous mon poids… mon mari a couru à ma rescousse et voilà.

Je vois à son air dubitatif que le docteur Mamour ne me croit pas. Il nous prescrit des séances de kiné et nous conseille le repos complet. Il suggère à Guillaume d’acheter une nouvelle échelle et me recommande un régime. Guillaume le remercie, moi non.

Tout cela pour vous prévenir, cher lecteur. Vous ne vous imaginez pas le travail dangereux d’un auteur pour perfectionner ses scènes érotiques. Pour le seul plaisir de vos yeux. Alors, soyez cool. Notre courage est digne d’une note maximale sur les sites de lecture.

Note de l’auteur.

Si vous me suivez depuis un certain temps, vous remarquerez que j’ai plagié l’une de mes scènes, tirée d’une autre histoire. La fatigue intellectuelle existe aussi. Et à ma décharge, je ne me poursuivrai pas pour plagiat.

À suivre…

Jc

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6 commentaires

  1. Bizarrement, il est plus facile de faire rire avec une scène de couple déprimante qu’avec une scène d’amour torride. Peut-être parce que la vie de couple déprimante nous parle davantage que l’autre?… Oups… cette idée là aussi est déprimante!
    Bisous JC!

    Aimé par 1 personne

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